Été 2026 : le département face à une nouvelle vague de chaleur

Comme chaque année, le Comité de Suivi Opérationnel (CSO) s’est réuni régulièrement de mai à mi-septembre pour surveiller la ressource en eau du département. Ses membres se retrouvent en présentiel tous les quinze jours et échangent par mail chaque semaine, afin de suivre l’évolution de la situation et ajuster les mesures nécessaires, conformément à l’arrêté cadre qui fixe les niveaux de vigilance, d’alerte et de crise.

2026, énième épisode caniculaire

L’été 2026 restera marqué par des températures exceptionnelles et plusieurs épisodes de canicule successifs. La Dordogne n’avait pas connu un été aussi chaud depuis 1947. A savoir que la consommation en eau potable double déjà naturellement entre l’hiver et l’été. Malgré cela, le département n’a pas connu de difficultés critiques grâce à une bonne recharge hivernale des nappes souterraines.

Deux éléments ont certainement limité la pression sur la ressource cette année. D’abord, contrairement à l’année dernière, il n’y a pas eu de cyanobactéries interdisant la baignade dans les cours d’eau. En 2025, cela avait entrainé une augmentation de la consommation d’eau potable, notamment dans les campings. Deuxièmement, le premier épisode de canicule ayant démarré en juin, l’irrigation a cessé plus tôt, renonçant certainement à « sauver » les cultures perdues d’avance.

Malgré ce contexte, l’ensemble du département a tout de même été placé en niveau « alerte ». Ce niveau intermédiaire dans l’échelle d’alerte implique des restrictions modérées des usages de l’eau (limitation des horaires d’arrosage, remplissages de piscine…).

Une gestion de crise collective

Contrairement à d’autres départements, la Dordogne n’a connu aucune rupture d’alimentation en eau potable cet été. Cette continuité de service tient à l’état satisfaisant des nappes souterraines, mais aussi à l’organisation collective mise en place en amont sur le territoire : le système de solidarité départementale et les schémas d’interconnexion entre réseaux permettent de sécuriser l’approvisionnement là où c’est nécessaire.

Une bonne gestion de l’étiage est un travail de fond mené tout au long de l’année. Amélioration du rendement des réseaux par la réduction des fuites, maillage et interconnexion des infrastructures, entretien régulier des ouvrages, des actions nécessaires dans un contexte où les étiages se prolongent désormais jusqu’en octobre.

Des inégalités entre communes

La situation n’a pourtant pas été la même sur l’ensemble du département. Le secteur nord, autour de La Coquille, s’est quant à lui retrouvé en situation tendue.

En effet, sept communes de ce secteur, ainsi que la commune de Saint-Avit-Sénieur, ont été placé en niveau « alerte renforcée ». Ce niveau impose des restrictions plus sévères (arrosage des jardins et remplissage des piscines interdits…).

Cette situation s’explique par la géologie du secteur. Le nord du département repose sur des roches issues de la formation granitique, ce qui implique de dépendre de ressources superficielles, et donc de ressources plus sensibles à la sécheresse. Cet été, l’étang de la Barde à la Coquille et la ressource de Chalais ont atteint des niveaux particulièrement bas.

Cette vulnérabilité a aussi été accentuée par certains comportements individuels comme le remplissage complet de piscine ou des fuites importantes après compteur de l’abonné ou des arrosages de pelouses. Pour sécuriser le reste du service, RDE 24, exploitant ce secteur, a été contraint de fermer certains branchements d’abonnés.

 

 

Une interconnexion réalisée par anticipation

Une interconnexion d’urgence a été mise en place entre les communes de La Coquille et de Saint Pierre de Frugie. La Coquille, la seule commune du secteur nord qui restait à sécuriser, a été raccordée via une canalisation posée en aérien dans l’urgence. Opérationnelle dès le premier jour de sa mise en service, la canalisation a depuis été enterrée par les équipes de RDE 24.

  • 300 mètres de canalisation
  • Environ 15 000 € HT d’investissement réalisés en régie
  • Une capacité de 100 à 150 m³ d’eau potable par jour, soit 30 à 40 % des besoins estivaux de La Coquille

Cette nouvelle interconnexion s’inscrit dans une démarche plus large, engagée depuis la prise d’exploitation de ces communes par RDE 24 en 2017. Plusieurs interconnexions ont déjà vu le jour :

  • Miallet ↔ Firbeix
  • Firbeix ↔ Saint-Pierre-de-Frugie
  • Chalais ↔ La Coquille
  • Saint-Priest-les-Fougères ↔ Saint-Pierre-de-Frugie

Ces raccordements permettent aujourd’hui de développer une solidarité entre les réseaux et de sécuriser les différents secteurs.