La mise en place d’une Déclaration d’Utilité Publique est en cours sur le captage de la commune de Salviac, située dans le département du Lot. Bien que le captage soit exploité depuis les années 1950, il ne disposait jusqu’à présent d’aucune DUP.
L’enjeu est donc de régulariser la situation, mais aussi d’acquérir une connaissance d’un environnement hydrogéologique méconnu. Le SMDE 24 vient de transmettre à l’Agence Régionale de Santé (ARS) le dossier administratif pour la mise en place de la DUP.
Qui alimente qui ?
Les premières études du SMDE 24 ont débuté en janvier 2021. Le contexte ne présentait pas de difficulté particulière mais nécessitait un travail d’investigation. Le fonctionnement hydrogéologique du captage n’était pas documenté et les relations entre la nappe et le cours d’eau du Luziers, qui borde le captage, restaient à établir. Pour mener ce travail, le SMDE 24 a confié l’étude scientifique au bureau d’études ANTEA.
Afin de caractériser la ressource, des campagnes de prélèvements mensuels ont été réalisées pendant deux ans et plusieurs dispositifs ont été installés sur la zone :
- Installation de piézomètres à différentes distances du captage, parfois sur des propriétés privées. Les piézomètres sont des petits puits creusés à la mini-foreuse. Ils ont permis de suivre l’évolution du niveau d’eau en conditions variées : hautes eaux, basses eaux et phases de pompage,
- Installation de sondes de niveau pour suivre les variations de la nappe en continu,
- Réalisation de nivellements topographiques par un géomètre pour déterminer l’altitude de la nappe et tracer les bassins d’alimentation,
- Réalisation de campagne de prélèvements sur l’ensemble de la zone d’étude afin de déterminer l’état de la qualité des eaux.
L’un des enjeux de l’étude consistait à comprendre qui alimente qui : est-ce le cours d’eau du Luziers qui recharge la nappe, ou l’inverse ? Les mesures ont montré que, sur ce secteur poreux, c’est bien le Luziers qui alimente la nappe, et non l’inverse. Un traçage au colorant est venu confirmer ces résultats : injecté à proximité du cours d’eau, le colorant a été retrouvé dans le puits de Salviac. Enfin, les tests de pompage ont permis de mesurer l’impact du captage sur les niveaux de nappe. L’influence existe, mais reste limitée.
Les analyses réalisées pendant la période d’étude confirment aussi une qualité d’eau globalement satisfaisante. Pour les nitrates, les niveaux sont stables autour de 10 mg/L, il n’y a pas de pesticide détecté et peu de bactéries.
Définir les prescriptions réglementaires
Une fois le fonctionnement hydrogéologique connu, le SMDE 24 et l’ARS 46 ont établi des prescriptions réglementaires, en accord avec les propositions de l’hydrogéologue agréée :
- un Périmètre de Protection Immédiate (PPI) agrandi pour couvrir l’ensemble de la zone d’influence du captage,
- un Périmètre de Protection Rapprochée (PPR) englobant la vallée du Luziers,
- un Périmètre de Protection Éloignée (PPE).
L’objectif premier de cette Déclaration d’Utilité Publique est de protéger le cours d’eau du Luziers. Le travail devra se poursuivre désormais avec le syndicat de rivière du secteur.
Cette étude scientifique aura demandé un investissement global de 77 000 €. 53 000 € pour l’étude scientifique et 24 000 € pour la phase administrative du dossier. Les terrains nécessaires au Périmètre de Protection Immédiate sont également en cours d’acquisition par le SMDE 24.
Les conclusions et les prescriptions de cette étude scientifique sont aujourd’hui entre les mains de l’ARS. Elles seront ensuite soumises au CODERST puis à la préfecture, dernière étape avant la mise en place officielle de la DUP, sous condition favorable de l’enquête publique.