Rencontre avec Gilbert de Miras, Président de la Commission Territoriale (CT) de Vélines

6 Gilbert de miras
6 Gilbert de miras

Depuis combien de temps occupez-vous la fonction de président de la CT de Vélines ?

Je suis élu depuis 1989 au sein de la mairie de Vélines. Assez rapidement, j’ai été délégué au Syndicat des Eaux, sous la présidence de Robert Descoins. Puis, j’ai pris la fonction de Président de la commission territoriale en 2018.

À l’origine, qu’est-ce qui vous a donné envie de vous impliquer en faveur de l’eau ?

Au sein de la mairie de Vélines, j’ai exercé trois mandats d’adjoint puis trois mandats en tant que maire ainsi qu’un poste de Président à la communauté de communes dont je suis toujours le vice-président.
Je suis donc sensible aux intercommunalités et à la nécessité de mutualiser certaines compétences. Je me suis impliqué dans le syndicat, entre autres, car Robert Descoins en était le Président à ce moment-là. L’eau est aussi un domaine qui m’a toujours intéressé.

Qu’est-ce qui a poussé le syndicat à transférer les compétences au SMDE 24 et à devenir une Commission Territoriale ?

C’est une orientation que Robert Descoins avait défendue, et que je partageais totalement. La loi NOTRe a accéléré ce mouvement, mais je défendais depuis longtemps l’idée d’un syndicat départemental fort pour pouvoir prendre à bras-le-corps les grandes problématiques : gestion de la ressource, réserves d’eau, irrigation…
Pour moi, la solidarité départementale est indispensable sur ces questions. Toutefois, il faut faire attention à conserver les élus de proximité sur leurs territoires. C’est bien la vocation des commissions territoriales. D’ailleurs, les élus locaux que nous sommes, offrent un rapport qualité-prix imbattable dans la gestion du service aux abonnés.

Quel accompagnement vous apporte les équipes du SMDE 24 ?

Le SMDE 24 prend en charge une partie de l’administratif, mais surtout, les équipes nous apportent une expertise technique précieuse. Pour nous, c’est une garantie de sécurité et de bonne gestion lorsqu’il s’agit de distribuer de l’eau de qualité sur le long terme à nos abonnés.

Quels sont les principaux défis auxquels votre syndicat est confronté aujourd’hui ?

Nous avons beaucoup de chance : pour l’instant, l’eau ne manque pas sur notre territoire. Mais il faut savoir préserver au maximum cette ressource, qui est notre source de vie. À Vélines, nous pompons majoritairement très profondément dans l’Éocène, mais les changements climatiques en Aquitaine nous impacteront forcément tôt ou tard.
Un grand travail a déjà été accompli pour garantir une eau saine au robinet, et beaucoup de gens ne se rendent pas compte de ce que cela implique. Les analyses deviennent de plus en plus poussées : CVM, PFAS… La qualité doit être irréprochable pour protéger le vivant.

À long terme, quels sont les objectifs de votre syndicat ?

Nos objectifs restent les mêmes : produire une eau de qualité à un coût raisonnable.
C’est d’autant plus facile si les eaux, à la base, ne sont pas polluées. Si nous ne freinons pas les pollutions, les traitements deviendront de plus en plus complexes et coûteux.
Nous mélangeons déjà les eaux pour économiser celle de l’Éocène et les eaux de surface, mais cet effort doit être collectif : tout a un impact sur l’eau. Pour moi, le problème demain ne sera peut-être pas la quantité, mais la qualité. Il faudra adopter de nouveaux comportements : limiter les usages excessifs et prendre conscience de la valeur de l’eau.

Quel message souhaitez-vous transmettre aux usagers ? Et à vos collègues élus d’autres territoires ?

Aux usagers, je dirais que chacun doit faire attention, même si nous avons déjà tous beaucoup de choses en tête. La plupart des gens comprennent ce qu’il se passe, mais tant que l’eau coule au robinet, ils ne s’inquiètent pas. Il faut une prise de conscience collective.
Aux élus, j’ai envie de rappeler que notre responsabilité est de transmettre à nos enfants et petits-enfants une terre soignée. C’est le rôle d’un élu : travailler non pas pour lui-même, mais pour le bien commun.

Quel est votre meilleur souvenir en tant que Président de la CT Vélines ?

J’en ai beaucoup. J’apprécie particulièrement le travail en commun avec les élus de la commission territoriale et avec le SMDE 24.
Mais un souvenir récent m’a marqué : lors d’un nouveau forage pour sécuriser l’ouest du territoire, nous avons décidé de forer plus profondément, sans aucune certitude. Et 90 mètres plus bas, nous avons trouvé de l’eau.
A ce moment-là, j’ai ressenti une vraie joie et un immense soulagement. Trouver de l’eau c’est trouver de l’espoir. On s’est tous dit que nous pouvions encore transmettre de l’espoir à nos enfants. Dans beaucoup d’endroits du monde, l’accès à l’eau est un combat quotidien. Nous avons la chance d’en avoir, alors respectons-la.